Comprendre ce qui se passe dans la terre

Fabien Driat est agriculteur dans l’Aube. Il a fait évoluer ses méthodes de production par rapport à celles que pratiquait son père. Cela lui garantit une bonne récolte, tout en préservant son environnement naturel. Depuis, il  partage son expérience avec d’autres agriculteurs de la région.

EPOK’EPI : Fabien, la terre est-elle partout la même et qu’y a-t-il dedans ?

Fabien : Non, la composition des sols varie d’un endroit à un autre, d’une région à une autre. Mais il y a de la matière organique dans tous les sols, ce qui les rend solides et leur permet d’être fertiles. Et là-dedans, il y a plein de choses différentes. Par exemple, si tu prends une cuillère de terre provenant d’une prairie, elle contient autant d’habitants (vers, champignons, bactéries...) que d’hommes sur la planète !

Que remarquez-vous dans vos champs ?

J’ai constaté que dans mes champs, le labour favorise le ruissellement des pluies en hiver car le sol est nu, entraînant la terre hors des champs. On parle d’érosion. J’ai donc réfléchi à une nouvelle manière de cultiver afin de produire tout en préservant les terres et l’environnement.

Que faites-vous alors ?

Tout d’abord, j’alterne des cultures d’espèces différentes au fil des années (comme du blé, du maïs, des pois, du colza…) afin de décourager les insectes ravageurs, friands d’une espèce en particulier, mais aussi pour limiter la pousse des mauvaises herbes spécifiques à chacune.

Et puis, pour éviter que certains minéraux ne s’échappent avec les pluies d’hiver, je sème entre deux cultures des plantes qu’on appelle des couverts végétaux (moutarde, phacélie, trèfle…). Ces plantes ne se récoltent pas. Elles retiennent les minéraux et l’eau, et prennent aussi la place des mauvaises herbes. Elles protègent le sol en surface et produisent de la matière organique qui enrichit le sol.

Cela veut dire que vous modifiez votre façon de cultiver ?

Oui et non… En fait, j’associe les pratiques usuelles aux techniques les plus modernes. Par exemple, le désherbage mécanique connu depuis toujours se fait aujourd’hui grâce à un tracteur, dix fois plus rapide et piloté par GPS. Ma méthode consiste à travailler avec davantage d’anticipation et plus de précision.