Le métier de biscuitier

EPOK’EPI : Véronique, le biscuit, c’est une histoire de famille ?

Véronique : Absolument, la biscuiterie a été créée par l’arrière-grand-père de mon mari. Depuis cette époque, on y fabrique les mêmes biscuits traditionnels : l’Échaudé qui est une spécialité locale héritée du moyen âge, seulement fabriquée dans le village, le « Petit Jeannot » et le « Au Charlot » inventé par Charles, notre ancêtre(1). Nous vendons environ 2 tonnes de biscuits par an, sur place et sur les marchés.

Comment fabriquez-vous ces biscuits ?

Nous utilisons de la farine de blé toute simple, directement issue de la production locale. Pour l’Échaudé, nous mélangeons la farine avec un peu d’eau, du sel et des graines d’anis, mais pas de sucre. Ce mélange, une fois pétri(2), forme une pâte consistante que l’on découpe en triangles de 2 à 3 cm. Les biscuits sont cuits deux fois, une première dans l’eau bouillante, d’où son nom « échaudé » puis, après séchage, au four.

Et les autres spécialités ?

Le « Petit Jeannot » est une variante plus petite de l’Échaudé, et le « Au Charlot » aussi, mais lui contient du sucre et de la matière grasse. Nous sommes aujourd’hui les seuls à fabriquer ce biscuit, auquel Charles Deymier, le grand-père a donné son nom.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

J’aime faire vivre cette tradition familiale dont j’ai héritée en épousant mon mari. Notre histoire est liée à celle du biscuit. Nous aimons travailler en famille, à la main et à l’ancienne, avec par exemple des plaques en bois et un four à gaz comme avant. C’est pour cela que nous préférons vendre nos biscuits sur les marchés, où les gens peuvent les déguster tout chauds.